Guide d'application du contrôle préalable à la réception par inspection visuelle
L'inspection visuelle est l'une des techniques d'examen préalable à la réception des travaux d ‘assainissement elle comprend :
L'inspection visuelle des réseaux visitables (à partir du DN 1000).
L'inspection visuelle des regards de visite, boîtes de branchement et regards de façade
L'inspection vidéo des canalisations et branchements
L'inspection visuelle de réception doit être effectuée conformément au référentiel d'accréditation publié par l'AGHTM dans le TSM hors série : Réception des réseaux d'assainissement de Janvier 2000. Les termes employés et les procédures de mise en œuvre doivent correspondre aux prescriptions du référentiel et notamment à la dénomination des observations publiée par l'AGHTM dans le TSM d'octobre 1999.
Avant d'entamer son intervention le contrôleur doit disposer de tous les éléments lui permettant de réaliser les opérations qui lui sont imparties. A cet effet le Maître d'Ouvrage devra fournir au contrôleur un plan de récolement ou au minimum un plan de projet rectifié actualisé comportant notamment la dimension des ouvrages. Le Maître d'ouvrage devra également préciser les conditions pratique d'accès aux ouvrages (en particulier en domaine privé) en sachant que les véhicules d'inspection doivent, dans des conditions normales, s'approcher à proximité des ouvrages, il devra également préciser les conditions d'écoulement dans la canalisation si celle-ci est déjà en service ; enfin, il devra s'assurer que les ouvrages seront dégagés et mis à niveau avant l'arrivée du contrôleur et que les autres intervenants du chantier n'interfèreront pas avec le contrôle.
Le contrôleur va examiner et décrire l'ouvrage (photos et évaluations à l'appui) de manière à informer totalement le Maître d'Ouvrage qui décidera ou non de la réception.
Sur la base des défauts répertoriés, le C.C.T.P. précisera le niveau de défauts tolérés par exemple :
Au niveau des assemblages : absence de déboîtement ou de déviation angulaire, épaufrures ne dépassant pas 5% de la périphérie, pas de joint ou de butée sortis de l'emboîture ou pendants.
Pas de changement de section hors regard, pas de contre-pente, flache tolérée d'une amplitude maximum de 5% de la hauteur de la canalisation, pas de modification angulaire en plan (changement de direction) entre regards, pas de coude sur les canalisations, coude d'un angle minimum de 157°5 (coude au 1/8ième) toléré sur les branchements en ce qui concerne la géométrie de l'ouvrage.
Pas d'infiltration ni d'exfiltration visibles.
Aucune fissure, perforation, effondrement ou écrasement tolérés pour les canalisations rigides.
Ovalisation et déformation consécutive à un poinçonnement tolérées inférieure à 5% sur canalisations déformables.
Aucune dégradation du revêtement pour les canalisations revêtues.
Aucune armature visible ou « discernable » sur les tuyaux en béton armé
Aucune pénétration d'élément extérieur dans la canalisation
Interdiction du piquage direct, pénétration maximum d'un raccordement de branchement inférieur à 5% de du DN, chute(raccordement de branchement aboutissant au dessus de la partie supérieure de l'intrados de la canalisation) interdite dans la canalisation, chute non accompagnée interdite pour les raccordements de branchements dans les regards
Cunette de regard profilée et de largeur égale à la largeur de la canalisation principale, banquettes lisses avec pente.
Etc.
C'est à la seule condition que les tolérances soient définies que le contrôleur pourra donner un avis sur la conformité des ouvrages. Dans le cas où les tolérances ne seraient pas prédéfinies le contrôleur ne mentionnera en « conclusion par tronçon » que les observations relevées classées par famille et par type ; la synthèse de l'ensemble du contrôle ne reprendra que les observations relevées classées par famille, par type et par tronçon.
Avant l'inspection un hydrocurage complet avec extraction de tous les dépôts sera réalisé par l'entreprise de travaux. Sans cet hydrocurage la perception des variations de pente est rendue impossible par la présence de dépôts même minimes, il en est de même pour l'examen des assemblages souillés par la graisse de pose.
Après l'hydrocurage et immédiatement avant l'inspection il est nécessaire de déverser de l'eau claire dans les ouvrages en quantité suffisante pour qu'elle arrive à l'extrémité aval du réseau à réceptionner. Ce déversement qui peut servir au contrôle d'écoulement permettra au contrôleur de déceler les contre-pentes et flaches dans la canalisation, de vérifier la bonne conformation des cunettes et l'absence de « marche » au niveau des liaisons canalisation/regard. Ce déversement est indispensable après hydrocurage car la dépression consécutive à l'hydrocurage vide les points bas de leur eau.
Le rendement satisfaisant de 450m/jour noté en commentaire correspond à une journée normale de travail (6 à 7h sur site) pour un réseau comportant un assemblage tous les 2.5m, quelques raccordements de branchements par tronçon et présentant peu d'anomalies. Il est évident que pour un réseau sans anomalie avec très peu de raccordements de branchements et constitué de tuyaux de 5 ou 6m le rendement peut être amélioré sans toutefois pouvoir dépasser nettement 600m/j.
Le contrôle s'effectuera de l'aval vers l'amont en partant de l'aval du chantier (sauf impossibilité réelle) afin de mieux apprécier la régularité de la pente et notamment le début, la fin et l'amplitude des flaches. De l'aval vers l'amont il est plus aisé de contrôler les raccordements de branchement et notamment la liaison entre le dispositif de raccordement et la canalisation de branchement.
Chaque observation est repérée en linéaire en cumulé par rapport au 0 (axe du tampon du regard de visite de départ du tronçon inspecté) avec une tolérance de + ou – 25cm et avec une tolérance de + ou – 5cm entre 2 observations consécutives. Le repérage radial de la position de l'observation s'effectue par rapport à un cadran horaire dans le sens des aiguilles d'une montre.
Il n'est pas nécessaire de procéder systématiquement à un examen détaillé de chaque assemblage par rotation de la tête mais l'opérateur devra réduire son allure d'avancement à l'approche de chaque assemblage afin d'en obtenir une vue générale en vision axiale. En cas d'anomalie d'assemblage un examen détaillé sera réalisé par rotation de la tête afin de caractériser l'observation.
Chaque raccordement de branchement doit être positionné en linéaire et doit faire l'objet d'un examen détaillé par rotation de la tête pour contrôle de la liaison dispositif de raccordement/canalisation de branchement.
Lorsque des irrégularités de pente sont décelées et évaluées visuellement il y a lieu d'émettre un diagramme d'allure de dénivelée générale dans le tronçon afin de permettre au Maître d'Ouvrage d'apprécier l'importance relative de l'anomalie. Ceci rend indispensable, dans l'équipement de contrôle, la présence d'un inclinomètre éditant des courbes d'allure de dénivelée utilisables.
Lorsque des déformations sont décelées et notamment des ovalisations en canalisations déformables il y aura lieu de les évaluer à l'aide d'un dispositif d'évaluation de l'ovalisation. Le Maître d'ouvrage devra disposer au minimum d'une information précisant si l'ovalisation est supérieure ou inférieure à 5%.